Aménagement du jardin : quelques principes de conception

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Comme l’écrit Roger Duval “L’art du jardin est comme l’art de la table, il n’existe pas de recette figée.” Mais il y a des recettes cependant 🙂 Le parallèle culinaire est assez heureux, car au jardin comme en cuisine, le principe n’est pas d’appliquer à la lettre et sans comprendre : c’est la fadeur assurée. Sans viser les 3 étoiles, il faut comprendre suffisamment ce que l’on fait afin de se l’approprier et, in fine, mieux le restituer.

Car un jardin s’inscrit toujours dans un contexte culturel, esthétique, écologique, immobilier… qui aura une influence considérable sur sa conception : choix des formes et des couleurs, du style, des matériaux, des végétaux…

Cet article complète un premier volet Comment créer un jardin à partir de zéro ?

Oser la simplicité

Ne pas trop en faire, ne pas trop en mettre. Laisser respirer. Souvent la tentation est grande de surcharger son jardin, car la surabondance de matériaux, de plantes, de mobilier divers et varié qui garnit les catalogues de nos boites aux lettres nous incite à tout mettre. N’en faites rien et osez la simplicité ! Effet garanti 🙂

Le message ici n’est pas de mettre une plante tous les deux mètres ; même un jardin foisonnant, avec des massifs bien garnis, peut rester simple. Cependant il vaut mieux éviter les mélanges de style, de couleurs, de formes… qui dégraderont la lisibilité et perdront le regard.

Jouer la répétition

Ce principe est directement lié au précédent : un moyen simple pour ne pas perdre le regard et garder de la cohérence est de jouer la répétition (sauf si vous créez un jardin botanique dans lequel la collection prime, mais c’est une autre histoire :)).

Selon la longueur et la disposition de votre jardin, utilisez plusieurs fois les mêmes végétaux. Et si vous êtes atteints du syndrome de la collectionnite aiguë et ne pouvez vous résoudre à cela, faites en sorte de recourir à la même famille végétale, ou a minima de trouver des plantes qui se ressemblent.

Donner de l’unité

Il ne faut pas forcément respecter à la lettre un style de jardin anglais, zen, contemporain… Cependant l’harmonie des formes, des couleurs et des matériaux est capitale et donnera de la cohérence à l’ensemble.

Par exemple on évitera d’intégrer une rocaille dans un mixed border ou de noyer un niwaki dans un océan de vivaces !

Utiliser les contrastes

Il faudrait savoir ! Unité ? Ou bien contraste ? Les deux mon Capitaine 🙂

J’entends ici par contraste qu’il faut savoir jouer sur les équilibres et la manière dont les éléments se répondent.

Les buis ronds et parfaitement taillés contrastent avec les stipes chevelues.
Les buis ronds et parfaitement taillés contrastent avec les stipes chevelues. – Photo : Nathalie Pasquel

Vous pouvez par exemple utiliser une ligne très nette (allée, muret, mobilier…) pour casser la courbe d’un massif et donner du rythme à la composition. C’est certainement le jardin contemporain qui joue le mieux de cette utilisation des contrastes : les matériaux bruts, lisses, inertes répondent à merveille au végétal et donnent du dynamisme à l’ensemble.

Respecter les échelles et les proportions

C’est comme pour les photos : les petits devant, les grands derrière 🙂

Les gros volumes, les grandes fleurs… trouveront leur place en arrière-plan ; les petits arbustes, les petites fleurs, les feuillages les plus fins se placeront plutôt devant.

Veillez également à avoir suffisamment de recul pour apprécier chaque élément : des sujets trop grands dans un écrin trop petit étoufferont la scène.

Enfin sur un même terrain rectangulaire par exemple, une haie de 2m donnera l’impression d’un jardin plus petit qu’une haie de 1m50, pour une surface au sol pourtant  équivalente.

La chaleur du bois, assez foncé, rehausse très bien la froideur de ce mur minéral blanc !
La chaleur du bois, assez foncé, rehausse très bien la froideur de ce mur minéral blanc !

Intégrer le jardin à son environnement

Le contexte d’un jardin peut être d’ordre écologique, architectural, culturel… la maison est souvent le point de départ du jardin ; on ne part donc pas de zéro. Pour donner de la cohérence et de l’harmonie, il faudra en tenir compte.

Certains éléments sont assez évidents : par exemple l’orientation et les ouvertures de la maison déterminent l’emplacement de la terrasse. D’autres sont moins visibles et nécessiteront une réflexion plus approfondie : par exemple la nature du sol influera sur le choix des végétaux, ou encore la localisation sur le choix de matériaux, qu’on préférera locaux.

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