Intégrer les comestibles au jardin, ou l’art du foodscaping

foodscaping jardins comestibles

Poussé par les nouvelles tendances nourricières à l’œuvre dans nos jardins, en premier lieu desquelles la permaculture, un nouveau mouvement prend son essor en matière d’aménagement paysager : les jardins comestibles, ou encore foodscaping en anglais.

Le principe est simple : si l’on caricature un chouïa, il existe deux grands types de jardin : le jardin comestible (potager, verger…) et le jardin d’ornement. Le plus souvent, le premier est assez inesthétique et a pour seule vocation de nourrir sa famille (le jardin de papi et mamie 🙂 ). Je vous avais prévenu : je force le trait. Mais reconnaissons-le, même si l’on en garde le souvenir impérissable de papi grondant et brandissant sa fourche en nous voyant piétiner les semis de radis, la plupart du temps les rangs d’oignons succédaient aux rangs de fraises, que suivaient les rangs de poireaux, que collaient les rangs de carottes, etc. Rien de bien réjouissant à l’œil !

Le second quant à lui est joli (pour peu que l’on sache agencer) mais ne fournit ni légumes ni fruits, ou très peu. Dans le meilleur des cas, quelques framboises, des noisettes… Et surtout, le plus souvent, il y a la sacro-sainte pelouse.

Attention les yeux… le foodscaping réunit les deux mondes ! Boom !

Quels sont les principes ?

Ils sont relativement simples : remplacer les plantes d’ornement exclusivement esthétiques (des arbres aux herbacées) par des plantes comestibles ET qui restent esthétiques. Pour ce faire, on privilégie les variétés anciennes, souvent plus riches et colorées, que les légumes ultra-standardisés de nos supermarchés (oubliez les hybrides F1 et préférez les semences de Kokopelli, par exemple…)

En revanche dans la structure de nos jardins d’ornement, on ne change rien ! Les massifs restent, simplement ils accueillent de jolies comestibles, qu’il s’agisse de baies (groseilles, cassis…), de légumes graphiques (blettes rouges et jaunes, choux rouges, artichauts…) qui se mêlent aux fleurs et autres arbustes. En jouant bien le jeu des alternances, de la répétition, les compositions de couleurs… vous obtiendrez un jardin tout à fait agréable à l’œil et pour vos papilles.

De ce fait, vous évitez la propagation des maladies et des parasites, qui s’installent plus facilement si leur garde-manger est grand 🙂

Principal inconvénient : il y en a un peu partout et vous risquez d’oublier où vous avez mis quoi.

Quelques idées concrètes

Comme je sens bien que vous êtes sceptiques (si, si), explorons en vitesse quelques pistes concrètes d’aménagement pour votre jardin.

foodscaping jardin comestible
Un jardin comestible – Source : https://shawnacoronado.com

D’autres idées sur le board Pinterest – Jardin comestible

Pourquoi ne pas remplacer une haie monotone de thuyas ou de lauriers palme (souvent malades, pénibles à entretenir…) par une haie libre composée d’amélanchiers, de sureau, mirabelliers, noisetiers…? Pour en savoir plus à ce sujet, consultez l’article Marre des thuyas et lauriers palme ? Les haies alternatives.

Et si vous bordiez une jolie platebande de pommiers ou de poiriers taillés en cordon ?

Et si, en lieu et place d’une glycine, une vigne volubile (ou des kiwis !) grimpait sur la pergola ombrageant votre terrasse ?

Et si vous remplaciez votre lavande par du thym ou du romarin ?

On voit bien qu’en se raclant un peu la soupière, on peut transformer un jardin purement esthétique en un jardin comestible. Peut-être pas nourrir une famille entière ni produire 16 tonnes de confiture par an, mais au moins retrouver le plaisir et le goût d’une petite récolte personnelle.

Enfin ne le négligeons pas : c’est aussi un acte engagé et citoyen (parfaitement, la main sur le cœur et tout 😉 ). A n’en pas douter, votre jardin fera des émules parmi vos proches, vos voisins…

One thought on “Intégrer les comestibles au jardin, ou l’art du foodscaping”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.