Marre des thuyas et lauriers palme ? Les haies alternatives

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Ces dernières décennies, avec la multiplication des lotissements, l’ensemble du territoire français s’est recouvert de haies mono-spécifiques. Elles sont presque toujours composées de ces 3 “espèces” : le laurier cerise (ou laurier palme), le cyprès et le thuya. Encouragés par la promesse d’une pousse rapide, d’un écran végétal à l’épreuve des regards indiscrets, peu onéreux, nous nous sommes laissés convaincre de les utiliser.

Des alternatives à ces haies de jardins existent pourtant. Voici quelques conseils et idées !

Les défauts des haies mono-spécifiques

Au-delà de leur extrême pauvreté esthétique (si, si ! Soyons francs !), ces haies mono-spécifiques (= une espèce unique) présentent de réels inconvénients :

Les tailles provoquent des maladies

Fortement contraintes dans leur développement par les tailles répétées, leur mauvaise cicatrisation a tendance à entrainer des maladies : toute taille est une blessure pour la plante, elle est souvent nécessaire mais il ne faut pas la prendre à la légère.

Les causes peuvent être multiples : lames mal nettoyées, saison de taille ou météo non respectée (trop chaud, froid ou humide), outils mal affutés qui arrachent plus qu’ils ne coupent, etc.

Par ailleurs, n’oublions pas que nous forçons par cette opération de taille, leur nanification (ce sont des arbres qui mesurent plusieurs mètres dans leur habitat naturel).

Les tailles sont fastidieuses

Ces même tailles sont en effet contraignantes et fastidieuses pour leur propriétaire. Elles nécessitent un matériel coûteux pour les réaliser et pour les transporter en déchèteries municipales, ou le paiement d’un prestataire. Souvent deux tailles par an sont nécessaires pour un rendu net.

Les déchets créés par la taille ne sont pas compostables

Ils entrainent une forte acidification du compost, le rendant totalement inutilisable, et présentent un temps de décomposition très long, de l’ordre de plusieurs années.

Il nous faut donc recourir aux déchèteries municipales pour nous en débarrasser, entrainant de fait un coût (financement public), une pollution, un besoin de matériel pour leur transport…

Elles sont très sensibles aux ravageurs

(Comme toutes les cultures mono-spécifiques en vérité 🙂 car c’est aussi vrai en agriculture intensive, d’où le recours massif aux intrants chimiques, avec les conséquences que l’on connait !)

S’il trouve un hôte qui lui convient, le ravageur (champignon, insecte…) s’attaque vite à ses petits voisins et la haie est peu à peu détruite. Et elles y sont d’autant plus sensibles que ces trois espèces (laurier palme, thuyas et cyprès) ne sont pas originaires de France, donc pas adaptées !

Elles appauvrissent le sol

… sous leurs pieds en l’acidifiant (du moins pour les deux résineux cités), ce qui détruit la biodiversité du sol (très peu d’espèces animales vivant dans le sol peuvent résister à ces conditions – en tout cas pas nos précieux vers de terre !)

Elles n’accueillent aucune espèce d’oiseau

… qui seraient dérangés par les interventions humaines trop fréquentes

Tout ça devrait largement suffire à vous faire changer d’avis à leur sujet 🙂 Et si ce n’est pas le cas, nous allons voir qu’il existe de réelles alternatives, bien plus agréables à tout point de vue !

Les alternatives aux haies de laurier palme, thuya et cyprès

Il ne sera pas question ici de panneaux de bois (et encore moins de béton !) mais bien de haies végétales.

Pour maximiser la bio-diversité : la haie champêtre / bocagère

haie champêtre
Haie champêtre à l’automne – Source : lemurvegetal.com

Attention cependant à la hauteur. Vous trouverez facilement des kits prêts à l’emploi d’arbres et arbustes variés mais certains sujets atteindront plusieurs mètres : la réglementation impose en séparation de terrain une hauteur maximale de 2m. Si vous souhaitez monter plus haut, il faut reculer la haie d’autant… Mieux vaut être vigilant et ne pas se fâcher avec le voisin qui ne recevrait plus d’ombre sur son potager 🙂

Quel spectacle à l’automne ! Inconvénient elle perd son feuillage en hiver. Il vous faudra attendre plusieurs années avant que l’enchevêtrement des branches ne suffise à vous cacher des regards. Pour y remédier, vous pouvez planter en quinconce plutôt qu’en ligne. Cependant la largeur de la haie en sera augmentée car vous allez pratiquement la doubler.

Exemples de végétaux pour haie champêtre : hêtre, charme, sorbier, érable, cornouillers, eleagnus, fusain, troènes, prunus, viornes, lilas…

Pour garder l’intimité : la haie libre de persistants

Haie libre de persistants aux couleurs variées
Haie libre de persistants aux couleurs variées – Source : lemurvegetal.com

Cette haie présente l’avantage de ne pas perdre ses feuilles, ce qui vous cachera du vis-à-vis toute l’année. Un peu moins dans les semaines suivant la taille, surtout si elle est un peu tardive, le gros des feuilles se situant sur les 20 derniers centimètres.

C’est un compromis assez intéressant à la haie mono-spécifique car il s’agit de varier les végétaux et de ce fait l’intérêt esthétique. Elle peut cependant être taillée droite si vous n’appréciez pas les haies buissonnantes ou si la place dans votre jardin ne le permet pas.

Exemples de végétaux pour haie libre de persistants : photinia, eleagnus, lauriers, oranger du mexique, abelia, cotoneaster…

La haie nourricière : pour les gourmands !

Haie nourricière
Haie nourricière – Source : laforetnourriciere.org

La haie nourricière combine l’intérêt esthétique et l’utilité pour nos assiettes :), puisqu’elle est composée de végétaux fournissant des fruits divers (charnus ou secs) et des baies.

N’oublions pas qu’à l’état sauvage, nos fruitiers que sont les pommiers, cerisiers, pruniers… Ils adoptent plutôt un port buissonnant (Vs. la tige classique obtenue par la taille) et sont donc parfaitement adaptées à cet usage, même s’il demeure peu répandu !

Parfait pour les jardins dont la taille limite les choix et ne permet pas l’implantation d’un verger plus conventionnel.

Exemples de végétaux pour haie nourricière : casseille, baie de goji, noisetiers, sureau noir, pommier, cerisier, prunier, nashi, mûrier, baie de mai, argousier, vigne, amélanchier….

Article complémentaire : Intégrer les comestibles au jardin, ou l’art du foodscaping

La haie défensive contre les intrus

Haie défensive
Haie défensive – Source : rustica.fr

La haie défensive est un type de haie un peu particulier, dont l’intérêt est d’empêcher l’intrusion sur votre propriété. Par le recours à des espèces épineuses ou à feuilles piquantes, vous rendez en effet le parcours un peu plus difficile, voire franchement impossible (pour les humains, pas pour les petits animaux :)).

Pour obtenir ce résultat, il faudra la tailler afin que la base ne soit pas dégarnie.

Exemples de végétaux pour haie défensive : aubépine, cognassier du japon, berberis, mahonia, houx, pyracantha, ajonc…

La haie vive : un beau spectacle toute l’année

Haie vive
Haie vive en fleurs – Source : jardinerie-marcon.fr

Le principe de la haie vive (ou haie fleurie) est de disposer d’une haie de hauteur variée (de 50 cm à 3m environ) agréable à l’œil toute l’année. Pour cela, il suffit de bien choisir les espèces végétales pour échelonner l’intérêt esthétique au fil des saisons. Au printemps en en été les fleurs, à l’automne les feuillages de teintes variées, en hiver les écorces, feuillages persistants…

Pour éviter d’avoir une haie entièrement dégarnie durant tout l’hiver, vous pouvez jouer sur l’alternance de feuillages persistants caducs et persistants (répartition 2/3 caducs – 1/3 persistants conseillée pour un bon équilibre)

Exemples de végétaux pour haie vive : cognassier du japon, forsythia, aubépine, weigelia, tamaris, lias, seringat, viorne, ceanothe…

Bonus track : osier vivant ou plantes grimpantes

haie osier vivant
Haie en osier vivant – Source : osiervalleedelagaronne.fr
haie plantes grimpantes
Une haie de plantes grimpantes sur leurs supports

Très peu répandues, ces deux alternatives sont pourtant bien réelles. Cependant elle sont plutôt adaptées à des haies pas trop longues, principalement pour les raisons suivantes :

  • l’installation d’osier vivant et son tressage pourraient s’avérer fastidieux
  • le recours à des plantes grimpantes serait assez coûteux, car elles nécessitent la pose préalable de supports (câbles, treillis… selon l’accrochage des plantes grimpantes : crampons ou vrilles)

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